Cinq problématiques majeures dans la protection (et la gestion de crise) des infrastructures ou zones critiques à multiples intervenants ; l’apport du système d’information global

Mars 2011 – J. Triquell

De récents évènements (phénomène neigeux, catastrophe nucléaire …) montrent toujours la présence de problématiques non réglées dans la gestion des infrastructures ou zones critiques à multiples intervenants, soumises à des impératifs de protection et/ou de gestion de crise.

Sont naturellement concernées les nouvelles  « ZIV – PIV » (« zone et point d’importance vitale », concept déployé en France en remplacement des « sites sensibles »), mais également toute entreprise privée dont la taille ou l’implantation présente des similitudes avec ces sites critiques (démarche d’anticipation « intelligence économique »).

Au-delà, c’est également lors de la gestion d’une crise beaucoup plus générale (touchant une ville, une région… ) que ces problématiques sont présentes et amplifiées.

  1. Comment prendre en compte le périmètre « réel » de la zone concernée,  l’émergence de la notion d’ « entreprise étendue » (mobilité, recours à l’externalisation, internationalisation des équipes …). La prise en compte de la protection ne se limite plus aux limites géographiques du lieu.  Une gestion de crise révèle souvent de fortes dépendances insoupçonnées ou simplement mal évaluées! (fournisseurs – sous-traitants – éléments externes ponctuels – acteurs influents – réseaux…).

2.       Comment avoir une approche globale de la protection (au quotidien) et de la situation (gestion de crise) : nécessité d’une vision globale de la zone, des moyens déployés, de l’évolution, pour tous les acteurs sensés intervenir.

3.       Comment assurer une communication efficace entre les intervenants.  Une situation dégradée révèle l’inefficacité de certains réseaux (GSM le plus souvent saturé lors d’une crise majeure ou dans des environnements difficiles). Il est nécessaire d’envisager la mise en œuvre d’un réseau virtuel projetable sécurisé, souple et sécurisé, assurant la disponibilité permanente des informations en tous lieux, pour une liste modulable d’acteurs.

4.       Sans système global d’information, comment assurer l’interopérabilité entre les systèmes d’information des différents acteurs. Comment permettre un stockage de l’importante masse d’informations (de flux et de stock), et son exploitation. Comment associer ce stockage à une représentation (visualisation) simplifiée, instantanée, adaptée, sélective, en tous lieux (nécessité de prise en compte des facteurs humains dans les IHM (interfaces hommes-machines) des logiciels de sécurité globale).  Cette masse d’informations regroupe la vidéosurveillance, la réalité augmentée (association de données de flux et de stock), la géolocalisation (indoor et outdoor), les capteurs des barrières de sécurité et de sûreté, les indicateurs de prévention, de détection, de réaction, qualitatifs et quantitatifs, de sécurité et de sûreté (tableau de bord et outil d’audit), outil statistique et d’aide à la gestion des risques… Vient ensuite l’organisation du fond documentaire nécessaire au soutien à l’analyse, pour tendre vers une véritable aide à la décision et vers un système expert.

5.       Comment réduire le coût élevé de l’information, tout en améliorant l’efficience du système.

Vers un système global d’information …

Comme la gestion d’une crise générale (phénomène neigeux sur une région), la protection des infrastructures critiques est le plus souvent assurée par de multiples intervenants, aux missions et compétences territoriales différentes mais complémentaires. Cette multiplication des procédures individuelles, des systèmes et des moyens, est de nature à augmenter le coût lié à cette importante nécessité de sécurité/sûreté, tout en réduisant l’efficience.

En effet, afin d’anticiper et être en mesure de résoudre les problèmes en optimisant l’emploi des moyens, une vision globale de la sécurité/sûreté est indispensable à tous les acteurs dans les missions habituelles quotidiennes.

Par ailleurs, la gestion de crise est une activité «multi-participants» par excellence qui nécessite une «dynamique de groupe», un support d’information commun fiable et des outils d’aide à la décision. Dans ce cas, le système informatique doit pouvoir répondre à des besoins d’information, d’organisation, de coordination et de conduite d’opérations, tout en permettant une approche globale de la problématique, compréhensible par chaque intervenant concerné (représentation rapide et efficiente de l’information de flux et de stock). La «dynamique de groupe» peut être améliorée par un travail de partage et de mutualisation au quotidien autour d’un système d’information commun.

La mutualisation parait être un moyen pour parvenir à réduire les coûts, notamment par une interopérabilité innovatrice des systèmes : la solution logicielle pourrait intégrer les différents systèmes de détection physiques et logiques, mutualiser les flux d’information (sécurité / sûreté) de toutes origines, tout en assurant une présentation centralisée, personnalisée et intuitive des informations à l’attention des différents acteurs concernés, publics ou privés.

Un système global d’information sécurité/sûreté nécessite la cohabitation et la complémentarité de plusieurs technologies innovantes, réunies en fonction de besoins fonctionnels différents mais toutefois convergents d’une multiplicité d’intervenants.

Développée notamment grâce au  laboratoire d’idées « SIGEOSS – SAGEOSS » et la méthode ORCAE (cf pages sur ce blog), cette approche globale est susceptible aujourd’hui de concerner deux appels d’offres, l’un pour l’ANR – Agence Nationale de la Recherche (concepts systèmes et outils pour la sécurité globale) et  l’autre pour le PERS- Programme Européen de Recherche en Sécurité.

Certains industriels (comme EGIDIUM aujourd’hui) sont déjà très entreprenants sur ces sujets.  EGIDIUM propose en effet une brique indispensable au projet : un progiciel de gestion intégré et modulaire (ERP), véritable interface efficace et interactive entre la masse d’informations et l’utilisateur.

A suivre …

Mars 2011 – Joseph Triquell

http://www.egidium-technologies.com

http://aroundrisk.wordpress.com/methode-o-r-c-a-e/

http://aroundrisk.wordpress.com/c3i-sageoss-sigeoss/

ORCAE et IE :

http://www.intelligence-economique-paca.fr/Actualites/Actualites/La-methode-ORCAE-diagnostiquer-la-securite-et-la-protection-de-l-entreprise

http://www.vedocci.fr/tag/orcae/

Procès J.Kerviel en première instance : après l’exemplarité, une interrogation essentielle subsiste …

J. Triquell

Ce « cas d’école » n’a décidément pas fini d’enrichir  la réflexion de ceux qui s’intéressent au risque opérationnel et juridique dans l’entreprise … mais aussi ceux qui observent les stratégies d’influence et de gestion de crise !

 

KERVIEL : bientôt une analyse juridique du risque opérationnel et de l’éthique dans l’entreprise ? … A la question posée sur ce blog en février 2010 , la réponse apportée par le tribunal correctionnel de Paris est …. riche d’enseignements !  mais il subsiste une interrogation essentielle (au moins) :

Qu’en serait-il de la responsabilité civile de l’entreprise si un dommage avait été commis à un tiers ? …..   LIRE LA SUITE ? … Lire la suite »

Responsabilité sociale d’entreprise : défi et opportunité …

J.Triquell -

« ROSSIGNOL » et « LE COQ SPORTIF », deux marques emblématiques du sport français viennent de décider de rapatrier une partie de leurs activités délocalisées en France… signe, semble-t-il grandissant, de la montée en puissance du concept « d’empreinte économique, environnementale et sociale » de l’entreprise…

Impactant à la fois sa rentabilité, son empreinte environnementale (action directe ou indirecte sur la biodiversité ou le climat) et son empreinte sociale (impact sur son écosystème humain), cette stratégie (innovante ?) de l’entreprise pourrait devenir LE véritable outil de performance… Dépassant la pure mise en conformité des entreprises, elle reste encore un véritable challenge à long terme….LIRE LA SUITE Lire la suite »

Cloud : le capital informationnel dans les nuages, mais les pieds sur terre …

j.Triquell – Août 2010

Cloud computing …  la mauvaise réputation ?  Quelles questions ?  Quelles précautions ? Doit-on s’en passer ?

Le « cloud computing » (« informatique dans les nuages ») est sans nul doute l’avenir d’une informatique dématérialisée, prometteuse et économique (« pay-per-use ») en entreprise.

Jugée déjà par certains comme l’opportunité la plus marquante  après internet, elle est déjà semble-t-il la technologie majeure pour l’année 2010. Le marché de ces services envisage une croissance des revenus dans le monde de 16,6% en 2010 et devrait représenter 13% du marché européen des logiciels et services en 2015, contre 1,5 % en 2009. Microsoft s’est d’ailleurs positionné sur ce marché en évoquant que le « cloud devrait guider l’évolution globale de l’industrie »…

Cette forme d’architecture informatique orientée service est basée sur l’hébergement des ressources matérielles et logicielles de l’entreprise chez des opérateurs spécialisés. C’est une formidable opportunité pour les entreprises en cette période de réduction des coûts, bien naturellement pour les PME qui trouvent là un moyen de disposer rapidement d’un service informatique de qualité, obtenu grâce à cette dématérialisation des infrastructures et des services informatiques.

Mais cette technologie soulève également beaucoup d’interrogations sur la sécurité de l’information…  Quelles sont les questions à se poser ? … LIRE LA SUITE ? Lire la suite »

Opportunités,Risques, Contrôle interne : vers une gestion globale …

J.Triquell – 07-2010

J’avais été amené à évoquer en janvier 2009 à l’occasion d’un post sur le « cas d’école kerviel »  l’ordonnance du 8 décembre 2008 et la mise en œuvre du comité d’audit dans les entreprises …

Un groupe de travail de l’AMF (Autorité des marchés financiers) vient de clôturer la consultation publique de son « rapport sur le comité d’audit » (2 juillet 2010).

Parallèlement, le cadre de référence de l’AMF (également mis à jour à cette date et utilisable même pour les entreprises non cotées), apporte un éclairage très intéressant sur la complémentarité des notions « gestion des risques » et « contrôle interne ».

Par ailleurs, la 3 ème conférence annuelle organisée par « les Echos » et l’AMRAE ce mois ci  a porté sur la « GESTION GLOBALE DES RISQUES »… et a révélé certaines pistes de travail utiles pour les entreprises.

Voici quelques points importants mis en lumière par ces évènements : LIRE LA SUITE ? … Lire la suite »

Aides publiques aux PME et intelligence économique : trop de communication tue la communication ?

J.Triquell – AroundRisk – Mai 2010

Si un axe d’effort est important en situation de gestion de crise, c’est bien celui de la communication… le cas récent de TOYOTA en est encore un cuisant exemple.

Déficit de communication, absence de stratégie globale, communication parcellaire et balbutiante soumise aux évènements ponctuels politiques, communication anéanti par la complexité des multiples dispositifs empilés, … « trop de communication peut-il tuer la communication ? », c’est ce que semble dire l’ADEN (Association pour le Développement de l’Economie Numérique en France) qui publie un sondage de l’Ifop selon lequel seulement 61 % des chefs d’entreprise se déclarent très bien ou assez bien informés des mesures prises par le gouvernement pour aider les PME à répondre à la crise économique et financière. Encore faut-il savoir quel est leur niveau réel de connaissance.

Démarche publique IE et communication … LIRE LA SUITE ?

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Affaire Kerviel SocGen : quelles mesures anti-”engrenage” !?

J.Triquell – Mai 2010

Après dix-huit mois d’instruction,  dans l’attente du jugement par le tribunal correctionnel de Paris en juin où Jérôme KERVIEL comparaîtra seul (lire également : KERVIEL, bientôt une analyse juridique du risque managérial et de l’éthique dans l’entreprise),  c’est encore sur le terrain médiatique que s’affrontent les hypothèses…  avec de véritables stratégies offensives de communication.

Poursuivi pour « abus de confiance, introduction frauduleuse de données dans un système de traitement automatisé, et faux et usage de faux », Jérôme KERVIEL défend sa position avec la sortie très médiatisé » de son livre au titre explicite «  l’ Engrenage, mémoires d’un trader ».

Cette affaire se révèle toujours aussi riche d’enseignements pour l’étude du risque opérationnel (lire également sur ce blog : Cas d’école KERVIEL). Aujourd’hui, au-delà de cet aspect très intéressant de la « communication externe», un regard curieux peut être posé sur les mesures prises par la Société Générale… Lire la suite »

Risque systémique : supervision, normes comptables et …uniformisation mondiale !

  J.Triquell

Après le rapport Larosière (Commission Européenne-Février 2010), voici un nouveau rapport sur le risque systémique qui vient d’être publié  par le Ministère de l’économie, de l’industrie et de l’emploi (Rapport Lepetit – Avril 2010).

(Le risque systémique est un risque de dégradation brutale de la stabilité financière, provoqué par une rupture dans le fonctionnement des services financiers et répercuté sur l’économie réelle.  L’analyse du risque systémique ne se limite pas aux banques.)

Emanant de l’ancien président du Conseil national de la comptabilité et de de la commission des opérations de bourse, il apporte une constructive réflexion  sur les origines et les acteurs du risque systémique , ainsi que des précisions  sur des mesures appropriées pour prévenir et réguler ce risque.

18 recommandations  sont avancées (dont 2 ont plus particulièrement trait à  la comptabilité – sur ce dernier point, voir l’analyse succincte sur FocusIFRS).

Cités une cinquantaine de fois dans ce rapport, les “Hedge funds” y sont à l’honneur.  Par ailleurs la notion de “fair value” rappelle une problématique comptable qui impacte fortement les entreprises (“fair value” et risque pour l’entreprise : sur ce blog-Mars 2009).

Alors que les  “Hedge Funds” sont encore et toujours montrés du doigt, (voir notamment le livre  ” “Hedge funds” parasites de la finance”), que les normes comptables internationales restent en conflit, la question se pose réellement de savoir comment  va pouvoir s’unifier un élan européen/mondial indispensable ?  Comment la France, jugée peu influente dans le débat sur les normes comptables, va-t-elle pouvoir défendre les intérêts de ses entreprises ? J’ai regroupé ci-après des éléments de réflexion dans une approche globale sur 3 axes : Hedge Funds, Fair value et uniformisation….  Lire la suite »

Risques et entreprise : vers une organisation du bon sens ? : ISO 31000 : Le “shaker” des préceptes du management des risques…

Une nouvelle norme  ISO 31000 (sans certification) apparait cette année dans le secteur déjà riche du “management des risques”…  Cette référence semble rendre possible le consensus nécessaire dans l’entreprise pour unir tous les acteurs dans une démarche commune. 

“L’union fait la force” : dans la méthode ORCAE, j’ai eu l’occasion d’évoquer cette indispensable  dynamique , vous y trouverez d’ailleurs également les principes essentiels de l’ISO 31000, chers à la “capacité d’anticipation de l’entreprise” qui veut s’inscrire dans ce que l’on appelle “une démarche d’intelligence économique”.

Avec un processus (et des règles) très proche de celui de l’ISO 27005 (2008), l’ISO 31000 peut-elle devenir le véritable “shaker” des différentes approches du management des risques, capable de valoriser leurs complémentarités et de faciliter ainsi une réflexion globale ? Voici quelques éléments de ma réflexion … Lire la suite »

Intelligence économique : « les hommes au cœur du dispositif »…une nouvelle méthode ?

Alors que le concept « intelligence économique » s’épanouit tranquillement en France (sur ce blog : « l’IE cultive les paradoxes »), de nombreuses aides méthodologiques (le plus souvent excellentes et complémentaires) fleurissent sur ce terrain prometteur pour aider les entreprises à aménager leur protection …

O.R.C.A.E. ? … Pourquoi une autre méthode ? 

Son nom trahit ses objectifs  ! :   « Organisation Réfléchie et Capacité d’Anticipation pour l’ Entreprise » ; j’ai notamment voulu insister sur les notions de « stratégie globale » dans une culture « IE », d’ « organisationnel », d’« éthique », de « périmètre » d’entreprise, de « management des risques » … et fournir des véritables repères indispensables par une sorte de  « sentier balisé ».

Un complément d’information ponctuel sera toujours disponible sur ce blog (par exemple, canevas de charte …) … ou si vous souhaitez contribuer !

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J.Triquell

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